Publié dans Economie

Chômage technique chez Air Madagascar - « Pour tout le monde ou pour personne ! »

Publié le jeudi, 27 mai 2021

Au centre des discussions. Les employés de la compagnie aérienne malagasy refusent aujourd’hui la décision du conseil d’administration d’opérer à un chômage technique prochainement. Une rencontre entre les deux parties a ainsi été organisée mardi dernier, pour trouver une issue à toute cette situation. Jusque-là, les discussions continuent toujours parce que les deux protagonistes n’ont pas encore trouvé de consensus.

 

« Nous refusons ce chômage technique parce que les quinze directeurs ainsi que les chefs de département ne seront pas touchés par cette décision alors qu’ils perçoivent les indemnités les plus élevées dans la compagnie. C’est injuste ! De plus, suivant les recommandations, la décision de ceux qui partent et ceux qui restent leur reviendrait.  Si le conseil d’administration décide d’opérer un chômage technique, tout le personnel d’Air Madagascar devrait y passer, et pas seulement les subalternes », soutient un syndicaliste.

Les collaborateurs de la compagnie s’opposent également à cette décision par peur de perdre « définitivement » leurs emplois. « Le chômage technique renvoie, que nous le voulions ou non, à une suspension de contrat. Nous n’avons donc aucune garantie que nous pourrions reprendre nos postes respectifs une fois que tous les problèmes seront réglés », explique un employé d’Air Madagascar. Pour préserver leurs emplois, ils ont avancé différentes propositions pour éviter d’en venir au chômage technique. « La réduction des coûts permettrait d’alléger les dépenses de la compagnie à savoir les locations de voiture et de maison trop chères, le recours aux sociétés intérimaires. Les responsables pourraient également diminuer le nombre de directeurs pour simplifier la structure organisationnelle de l’entreprise », détaille l’un des syndicalistes.

Les employés désolent particulièrement le fait que les dirigeants les ont toujours mis de côté dans l’élaboration des différents plans de redressement. « Ils croient pouvoir redresser Air Madagascar à eux tous seuls. Mais ce n’est pas possible ! C’est pour cette raison que nous en sommes encore là aujourd’hui. La compagnie n’arrive toujours pas à se sortir de cette impasse parce qu’elle a négligé les ressources humaines. Nous ne connaissons par exemple aucun détail du nouveau business plan qui n’est toujours pas sorti jusqu’à maintenant alors que les dirigeants ont fait d’énormes dépenses pour son élaboration », tonnent les employés. « Pourtant nous sommes prêts à faire des concessions. Le retard ou le non-paiement des salaires ne datent pas d’hier, mais ces problèmes ont toujours pu se régler en interne. Nous avons donc demandé à signer une convention stipulant que tous les collaborateurs d’Air Madagascar ne recevraient que 40% ou 50% de leur salaire au lieu d’un chômage technique », rétorque l’un d’entre eux.

Tout cela est bien beau mais pour les experts et les observateurs, les employés ont oublié un détail: cela fait plus d’un an qu’Air Madagascar n’a plus de rentrée d’argent stable voire plus de rentrée d’argent tout court.

« C’est vrai qu’Air Madagascar doit réduire ses coûts. Cependant, dans ce cas de figure, avec quels moyens payera-t-elle ses charges fixes dont le salaire des employés alors qu’elle n’opère aucun vol jusqu’à aujourd’hui et peut-être encore pour les prochains mois à cause de la pandémie. Supposons que le salaire moyen que la compagnie devra payer à ses employés est de 500 000 ariary par employé. En multipliant cette somme par le nombre d’employés soit 1 400, Air Madagascar devra donc trouver 700 millions d’ariary par mois pour assurer le paiement des salaires. Cette somme sera encore à multiplier par X mois vu que l’ouverture des frontières et la reprise des activités dépendront surtout de l’évolution incertaine de la pandémie », explique un économiste.

« Je doute fort qu’Air Madagascar a suffisamment de matelas financier pour cela. Et quid de ses arriérés tant au niveau national qu’international. Le mieux c’est d’élaborer un plan social comme l’a fait d’autres compagnies nationales à l’instar de celle d’Afrique du sud. Il n’y a rien de mal à tout cela. C’est le moment où jamais de repartir à zéro. Et les dirigeants devraient y réfléchir sérieusement. Néanmoins, la priorité devra revenir aux ex-employés en cas d’embauche », rajoute-t-il.  

En tout cas, jusqu’à maintenant rien n’est décidé. Selon les responsables au niveau de l’entreprise, la communication officielle sur le sujet est reportée. Le temps serait encore à la réflexion.  Affaire à suivre.

 La Rédaction

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Editorial

  • En chute libre !
    Jirama trébuche et touche le fond. Il est temps qu’on crève l’abcès. Rien ne va plus chez la Compagnie nationale d’eau et d’électricité d’Ambohijatovo-Ambony. L’approvisionnement en eau se détériore. Il va de mal en pis. Les délestages s’éternisent. Tout comme si le tourment causé par les intempéries ne suffisent pas qu’il faille en rajouter et souffrir davantage. Le calvaire de la population atteint son paroxysme ! Durant la période sèche prolongée, les robinets des ménages et les bonnes fontaines des quartiers de la capitale et les communes environnantes sont à sec. Les citernes d’eau faisaient le tour des quartiers jusque dans les communes périphériques. Certes, le problème s’atténue mais entre les deux livraisons, pour quelques jours, c’est l’attente interminable. On comprend la situation par le fait que Dame pluie se fait attendre et qu’il fallait disposer de carburant suffisant. Et quand les flottes viennent à tomber, à grosses gouttes. Déception,…

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